UNE atsem c’est essentiel !

Je fais ici, avec l’exemple d’une matinée-type, un exercice un peu contraignant mais qui me paraît utile, à l’heure où les mairies font de plus en plus le choix d’enlever des ATSEM aux écoles, souvent en en gardant une à temps-plein pour les classes de petits, et une, à temps partiel, pour les classes de moyens et de grands. J’espère montrer par ces exemples très concrets, tirés de mon expérience quotidienne (chaque exemple écrit ici est VRAI) qu’une ATSEM, est indispensable, non pas seulement à l’enseignant, mais surtout aux enfants de l’école maternelle, qui ont rappelons-le, entre 2 ans et demi et 5 ans. Actuellement dans le monde, partout ailleurs qu’en France, les enfants de cet âge, sont gardés dans leur famille ou bien dans des crèches, garderie ou jardins d’enfants. J’espère ainsi porter la voix de nos enfants français afin qu’ils soient élevés dans la bienveillance et le respect dû à leur jeune âge. Bientôt, nous aurons des nouveaux députés, et des lois seront votées. Il est important que se lève un mouvement qui demande, pour nos enfants, une nouvelle loi, sur les ATSEM. Cette loi doit garantir une ATSEM pour chaque classe afin que sur une moyenne de 25 à 30 enfants, une classe puisse bénéficier de deux adultes, un enseignant et une ATSEM.

LA MATINEE DE CLASSE AVEC UNE ATSEM A TEMPS PLEIN

Il est 8 20 et dans ma classe, avec mon ATSEM, Martine, nous préparons les ateliers du matin : puzzles sur une table, pâte à modeler sur l’autre, feuilles blanches et feutres sur la troisième, un petit jeu de société sur la dernière table. Je pose sur le tapis au centre de la classe le garage, la boîte à voitures et les kaplas. Martine vérifie la bibliothèque de classe, sort en grommelant deux-trois livres dont la protection est abîmée et va les poser sur son bureau pour les réparer tout à l’heure. Elle réarrange le canapé et les coussins pour que tout soit confortable.

Ca y’ est, il est 8H30, et les premiers petits élèves de la garderie arrivent, amenés par leur animatrice de la garderie du matin. Je les accueille et leur propose les différents coin-jeux pendant que Martine va ouvrir aux familles qui attendent à la porte de l’école. Puis mon ATSEM s’assoit sur une chaise dans le couloir. Elle est disponible pour aider les enfants à enlever toutes leurs couches d’habit du matin et choisir ce qu’ils vont garder dans la classe. Effectivement, la classe est surchauffée et il s’agit que les enfants soient le plus à l’aise possible. En même-temps, Martine discute avec les parents, prend note des cauchemars de la petite Aurore cette nuit, du mal de tête de Bertrand ce matin qui n’avait pas envie d’aller à l’école… Elle apprend que le petit frère de Yasmine est né cette nuit et que ses grands-parents viendront la prendre à déjeuner pour midi. Toutes ces informations, exceptionnelles ou du quotidien, elle me les transmettra ensuite quand les parents seront partis. Parfois, elle accompagne un enfant aux toilettes ou va en changer un autre qui est tombé dans une flaque d’eau, juste sur le chemin de l’école. Sur une table, elle entasse les cahiers de correspondance ou les petits mots des parents et les serviettes de tables. Martine est très demandée par chaque parent qui a besoin ou aime bien donner des informations ou en prendre (« a-t-il bien mangé à la cantine hier ? S’est-elle plaint de son ventre pendant la journée ? ») et par chaque enfant qui veut lui faire un câlin du matin. L’ATSEM est le premier lien entre la famille et l’école, un lien affectif et éducatif indispensable à l’école maternelle, cette école des tout-petits-enfants, spécialité française.

Pendant ce temps, je ne chôme pas dans la classe. Je me suis d’abord installée au coin-poupée pour jouer un peu avec Yasmine qui a eu envie d’aller y exercer son nouveau rôle de grande-sœur. Elle berce un bébé, me demande de le tenir, me pose des questions sur l’allaitement… J’y répond joyeusement, et je peux ainsi la faire verbaliser sur ses angoisses peut-être, mais aussi cette fierté devant cette incroyable révolution dans sa petite vie. Puis Yasmine est rejointe par ses copines et quand je la vois en sécurité avec elles, leur racontant l’heureuse nouvelle, je pars alors m’installer au coin-dessin, observant le petit Bertrand qui griffonne vaguement, l’air triste. Je lui demande de me dessiner ce qui se passe dans sa tête ce matin, il me fait un bonhomme tout triste, la bouche tombante. En discutant un peu avec lui, je comprends qu’hier il s’est disputé avec son meilleur et unique copain et qu’il a peur que celui-ci ne veuille plus jouer aujourd’hui avec lui. Alors, quand il arrive, j’intercepte gentiment le petit Valentin et lui demande s’il veut aller construire « la plus grande tour de kaplas » du monde avec Bertrand. Valentin accepte avec enthousiasme, ayant totalement oublié, lui, la dispute d’hier. Je fais un clin d’oeil à Bertrand, tout-sourire, et pars installer les deux petits garçons sur le tapis. Je n’ai pas choisi cette activité par hasard. Bertrand est dyspraxique, il a beaucoup de mal à construire quelque-chose et à force d’échouer dans ses entreprises, il est devenu timide et peu sûr de lui. Je veux profiter de ce temps un peu libre pour lui montrer discrètement comment faire. Il prend confiance et la tour commence à monter doucement. Une dispute entre des enfants me détourne des kaplas pour arriver au coin jeu-de-société. Mina et Naïm hurlent et sont très fâchés, chacun accusant l’autre de tricher. Je reprends calmement les règles du jeu avec eux. C’est un moment d’apprentissage tout aussi important que la tour de kaplas. Charlotte, une petite fille souffrant d’autisme, est arrivée dans la classe. Elle avait une AVS mais comme cela se passait très mal avec elle, les parents n’ont pas souhaité poursuivre cet accompagnement. Charlotte n’acceptait pas l’autorité de l’AVS. Elle a besoin d’un cercle affectif restreint et fait confiance uniquement à Martine et à moi. Comme chaque matin, elle réclame mon attention en venant se frotter la tête contre moi. Puis elle rit avec un air coquin. Des enfants viennent alors me voir pour me dire que Charlotte leur a tiré les cheveux pour rire… Je discute un peu avec les enfants, explique encore une fois les différences de Charlotte, sans la dédouaner de tout. Charlotte s’excuse auprès des enfants et promet de ne pas recommencer.

Ca y’est, Martine a « mis (gentiment) dehors » les derniers parents. Elle rentre dans la classe et j’agite une petite cloche, c’est l’heure de ranger. Je m’extrais du canapé où j’étais en train de lire un livre à cinq ou six bambins et demande à chacun de participer au rangement. Avant de ranger les kaplas je prend en photo la tour de Bertrand et Valentin afin de coller la preuve de cette réussite sur leur cahier de suivi des apprentissages. Bertrand me dit que sa maman sera très contente de lui !

Martine, moi et les enfants, rangeons de bon cœur. Ca va vite car on connait tous bien les emplacements et les enfants à cet âge aiment ranger car les repères sont importants pour eux.

Ensuite, c’est l’heure de nous assoir tous en rond par terre. Je fais l’appel et Martine note, en même-temps, les enfants qui mangent à la cantine. Puis pendant que nous procédons aux rituels du matin (la date, la météo, l’alphabet, compter etc…), Martine prépare les ateliers d’apprentissage du matin, tout en surveillant du coin de l’œil, Charlotte qui s’agite beaucoup pendant les temps de regroupement. Charlotte souffre d’un déficit de l’attention et associé à ses troubles autistiques, cela donne, pendant les séances communes, une petite fille qui chante, récite des passages entiers de livres ou dessins animés, bouge dans tous les sens. Je propose à Charlotte d’aider Martine à installer les ateliers et la petite fille, vient, toute soulagée et fière, apporter sa contribution. Cela nous permet de continuer plus sereinement ce moment indispensable d’apprentissage du matin. Charlotte, sans le montrer, apprend tout autant, quand elle est en train d’aider Martine à disposer les crayons sur la table. Elle a une grande mémoire et écoute, mine de rien, tout ce que je dis aux élèves. Elle le restitue parfois, toujours mine de rien, quand on ne s’y attend pas. C’est de cette façon différente qu’elle entre dans les apprentissages.

Après les rituels, du matin, je peux ensuite présenter les ateliers aux enfants, avant que nous nous levions pour aller aux toilettes. En maternelle, il est indispensable de faire une pause-toilettes plusieurs fois par jour mais nous laissons aussi la possibilité aux enfants d’y aller en individuel, accompagnés de l’ATSEM, car ils ne sont pas encore totalement conscients de leurs envies.

Dans la salle d’eau, Martine aide les enfants à se laver correctement les mains et à s’essuyer sans gâcher trop de papier (que ce soit les mains ou le derrière), pendant que je surveille ceux qui sont déjà passés. On attend contre un mur en chantant ou en récitant une comptine, parfois je distribue à boire s’il fait chaud. Pendant que je les mets en rang dans le couloir, Martine lave rapidement les verres qu’ils ont utilisés et s’assure que les toilettes sont en état de propreté pour le prochain passage. Si nous voulons apprendre des notions d’hygiène et de respect des locaux aux jeunes enfants, il s’agit de leur présenter ces locaux toujours parfaitement propres.

Nous rentrons dans la classe. C’est le moment des ateliers, les enfants s‘inscrivent suivant leur profil et leur désir. Il y a deux ateliers autonomes et deux ateliers guidés. Martine et moi animons chacune un atelier guidé, tout en jetant chacune un coup d’œil à un atelier autonome. Quand les enfants ont fini de travailler, ils peuvent partir seuls dans les coin-jeux, la bibliothèque ou prendre un atelier individuel de manipulation qui sont présentés dans des tiroirs plats dans un meuble. Charlotte aime particulièrement ces ateliers individuels et c’est grâce à eux qu’elle progresse le mieux. Elle est donc souvent exemptée de travailler en petit groupe pour profiter au maximum d’un système d’apprentissage qui lui convient mieux. Les enfants vont chercher seuls leur tiroir avec le matériel à l’intérieur, un petit tapis individuel et le déroulent au centre de la pièce pour travailler dessus. S’ils ont besoin d’une présentation de l’atelier, Martine ou moi allons leur fournir individuellement, car les ateliers collectifs sont maintenant terminés. Pendant ce moment de travail, nous utilisons tous « la petite voix », c’est une sorte de mixte entre la voix chuchotée et la voie très basse. Quand un enfant monte le ton sans s’en rendre compte, Martine ou moi, en nous concertant d’un coup d’œil, allons voir le petit et lui demandons à l’oreille de faire « la petite voix », les enfants comprennent et apprécient particulièrement cet usage car aucun d’eux n’aime entendre un brouhaha dans la classe. S’il y a eu une activité salissante, Martine emmène le groupe se laver les mains. Elle peut aussi les inciter à balayer les graines ou la farine des ateliers de manipulation. Certains enfants demandent à nouveau à aller aux toilettes, nous réagissons particulièrement vite quand il s’agit de Théo, petit garçon, souffrant d’encoprésie. C’est un trouble qui entraîne une incapacité à retenir ses selles. Théo est suivi par une psychologue pour ce souci et nous savons par elle que c’est une grande souffrance pour lui. Ce matin, justement, plaquant ses mains sur les fesses, l’air paniqué, il va voir Martine. Elle comprend tout de suite et l’entraîne vite aux toilettes, évitant la catastrophe de justesse.

Arrive vite l’heure de la récréation. On fait un jeu, c’est « le grand rangement blanc ». Je compte jusqu’à 30, en fermant les yeux . Les enfants, pendant ce temps très court (mais ils sont très nombreux) doivent entièrement seuls ranger la classe et sans faire aucun bruit. S’ils y arrivent, nous mettons une gommette sur le calendrier. Cette simple récompense visuelle suffit à transporter les enfants de joie quand ils réussissent leur « mission ». Ce jeu, ils me le réclament chaque jour, tellement cela les amuse. Même Charlotte en est fan et y participe avec entrain. La présence de Martine est indispensable car pendant que je garde les yeux fermés (et les oreilles ouvertes !), elle surveille que tout se passe bien et particulièrement que les enfants ne se fassent pas mal, en se bousculant, trop excités et pressés de ranger. Elle leur parle en grands gestes, et eux communiquent ainsi aussi, puisque le but est de ne faire aucun bruit.

La mission est réussie ! On a le droit d’exprimer sa joie pendant que je colle la fameuse gommette au calendrier, mais une joie silencieuse, en levant les bras et faisant des mimiques de satisfaction. Puis on sort en silence dans le couloir. Certains enfants essaient bien de se défouler à ce moment, de hurler, de courir mais nous leur rappelons gentiment qu’ils vont partir en récréation dans ce but justement, et que pour l’instant, il s’agit de mettre ses chaussures et son manteau sans gêner tous les copains de l’école qui s’habillent tous en même-temps dans le long couloir. On n’est pas trop de deux, Martine et moi, pour aider les enfants à lacer les tennis. Effectivement, malgré nos demandes, encore beaucoup de parents choisissent de mettre à leurs enfants des baskets à lacets et même quand il y a une ouverture sur le côté (comme c’est le cas pour une célèbre marque à étoiles), les chaussures restent trop étroites pour la plupart des petits pieds et il faut alors dénouer les lacets… Les bottes et bottines des fillettes sont assez souvent compliquées à enfiler aussi. Malgré ce travail, nous demandons aux enfants de se mettre en chaussons à chaque fois qu’ils rentrent dans la classe. Comme nous nous asseyons beaucoup par terre, respectant ainsi la posture naturelle des enfants, nous voulons que la classe reste le plus propre possible.

Pendant que je surveille la récréation avec une autre collègue, Martine peut prendre sa pause obligatoire. Cela est très important pour elle car elle va devoir enchaîner une journée continue avec la cantine et le petit ménage dans les classes. Elle aura droit à une autre petite pause juste après la cantine quand les enfants sont de nouveau dans la cour avec les animateurs. Pendant ces pauses, Martine aime se reposer dans la salle des maîtres, prendre un café (souvent elle vient gentiment m’en apporter un dans la cour aussi), lire des magazines, téléphoner, prendre des r-v, tout ça dans le calme de l’école libérée une demi-heure des petits élèves. Retrouver quelques minutes de calme est tellement essentiel pour les adultes qui travaillent au contact des jeunes enfants. C’est ce qui leur permet de se ressourcer et de rester plus paisibles quand ils retrouvent les enfants.

Après la récréation, c’est l’heure de l’activité physique. Pendant que Martine installe le matériel, je fais l’échauffement avec les enfants : un petit jeu, une ronde, une danse… Puis c’est l’heure des jeux collectifs. Martine m’aide à gérer la classe ou prend un groupe en charge. Pour le parcours de motricité, qui comporte nécessairement des « prises de risques » certes mesurées mais tout de même réelles, sa présence est indispensable. Nous allons toutes les deux à des « endroits-clefs » où il s’agit d’aider l’enfant, de le mettre en confiance ou de surveiller qu’il ne se blesse pas : la poutre, le saut d’une hauteur, l’escalade… Nous ne sommes pas trop de deux pour assister les enfants qui prennent confiance petit à petit. Ils évoluent seuls tout le long du parcours et nous retrouvent à ces points stratégiques où il s’agit de les sécuriser.

La demi-heure de motricité passe vite, c’est l’heure de rentrer dans la classe. Je lis un petit livre, chante une comptine ou fais une petite séance de phonologie, pendant que Martine, dans la salle de jeux, range le matériel. Il faut impérativement faire vite car les animateurs du temps de midi vont bientôt venir disposer leurs tapis et malles de jeux. En effet, ils disposent de la salle de motricité pour permettre aux petits élèves de se reposer, de jouer tranquillement au chaud et au calme, quand ils ne veulent pas aller dans la cour, ou quand il pleut. Dans les écoles, tous les locaux, salle commune ou classes, sont partagés avec le périscolaire, cantine, TAP, garderie. Pour autant, nous n’avons pas le droit de partager notre matériel, chacun ayant le sien propre, acheté sur un budget différent. Alors les uns comme les autres, nous devons laisser les locaux rangés et propres derrière nous.

Quand elle a fini de ranger la salle de jeux, Martine nous rejoint dans le couloir où les enfants se rhabillent encore une fois. Elle vient chercher les enfants de la cantine, console ceux qui pleurent car ils ne veulent pas y aller, pendant que j’emmène les autres au portail pour y retrouver leurs parents.

FIN DE LA MATINEE

Je vous propose de reprendre cette journée avec les nouvelles dispositions d’aujourd’hui, c’est-à-dire avec une ATSEM à mi-temps, afin de mettre en avant les différences que cela induit. L’ATSEM partage maintenant deux classes, les moyens et les grands. Depuis les TAP, qui leur ont coûté cher, les mairies ont dû faire des coupes dans leurs budgets et souvent leur choix a été de priver les écoles d’une ou plusieurs ATSEM.

MATINEE AVEC 1 ATSEM A MI-TEMPS

Il est 8h 20 et dans ma classe, seule je prépare les ateliers du matin : puzzles sur une table, pâte à modeler sur l’autre, feuilles blanches et feutres sur la troisième, un petit jeu de société sur la dernière table. Je pose sur le tapis au centre de la classe le garage, la boîte à voitures et les kaplas. J’aimerais vérifier la bibliothèque de classe mais je n’ai pas le temps, je le ferai donc un samedi matin quand il n’y a pas classe (cela sera peut-être possible pendant le cours de basket de mon petit garçon entre 10 et 11 h mais il faudra alors que mon mari emmène ma fillette faire les courses avec lui). De toutes façons, je retire des livres dont la protection est abîmée et je les pose sur mon bureau, avec quelques autres jouets esquintés au fil du temps et que je dois aussi songer à réparer sur mon temps libre.

Ca y’ est, il est 8H30, et les premiers petits élèves de la garderie arrivent, amenés par leur animatrice du matin. Je les accueille à la porte de la classe. J’ai placé une chaise à l’angle de ma salle de classe et du couloir et me suis assise dessus. Cela me permet de vérifier à la fois le couloir et à la fois la salle. Martine est présente à l’école mais pas encore avec moi car elle va naturellement donner un coup de main à la maîtresse des moyens. Les miens sont des grandes section, et sont donc en moyenne plus autonomes. Avec l’aide de quelques parents complices qui ont un peu de temps, j’aide les enfants à enlever toutes leurs couches d’habit du matin et choisir ce qu’ils vont garder dans la classe. Effectivement, la classe est surchauffée et il s’agit que les enfants soient le plus à l’aise possible. En même-temps, je discute avec les parents, prend note des cauchemars de la petite Aurore cette nuit, du mal de tête de Bertrand ce matin qui n’avait pas envie d’aller à l’école… J’ apprends que le petit frère de Yasmine est né cette nuit et que ses grands-parents viendront la prendre à déjeuner pour midi. Toutes ces informations, exceptionnelles ou du quotidien, j’essaye de les garder dans un coin de ma tête, parfois je les consigne vite dans un cahier, sur le bord de mes genoux, pour les transmettre plus tard à Martine. Un enfant veut aller aux toilettes, j’envoie son papa avec lui, une autre arrive trempée, elle est tombée dans une flaque de boue juste devant l’école. Désolée, je lui demande de patienter, elle sera changée quand Martine arrivera. Si nous pouvons laisser les parents emmener leurs enfants aux toilettes (ce qui est juste toléré car c’est tout de même un lieu intime) nous ne pouvons pas les laisser fouiller dans la grande armoire où nous mettons les vêtements de rechange et tant d’autres choses. Puis, s’il faut doucher la petite, seule l’ATSEM est habilitée à le faire. Sur une table, j’entasse les cahiers de correspondance que je lirai à midi, et les serviettes de table que je donnerai à Martine tout à l’heure. Une mère me pose des questions sur la cantine, une autre maman sur la garderie, et je ne peux leur répondre, n’étant pas responsable de ces temps périscolaire. Une petite fille vient me faire un câlin du matin, je la prend sur mes genoux Le temps d’accueil à l’école maternelle doit être assuré avec beaucoup de tact et de bienveillance, c’est le lien entre la famille et la maison, un lien affectif et éducatif indispensable à l’école maternelle, cette école des tout-petits-enfants entre 3 et 5 ans et qui n’existe qu’en France.

Malheureusement, je ne peux pas prendre beaucoup de temps pour cette petite élève. Les enfants dans la classe sont livrés à eux-même. Yasmine a essayé de partager la bonne nouvelle de la naissance de son petit frère mais ses copines ne la croient pas, et elle vient me voir les larmes dans les yeux. Pendant que je discute avec elle et ses copines, pose des questions enthousiastes sur le bébé, et sur le ressenti de la fillette, des petits élèves se disputent au coin jeu de société. J’essaye de les interpeller mais en vain, ils ne m’entendent pas et crient, chacun sûr d’être dans leur bon droit. Charlotte, ma petite élève autiste, crie aussi, par mimétisme. Elle est très énervée par la scène et semble même en souffrance, se mettant soudain les mains sur les oreilles en hurlant à la mort. Alors je dois me lever, m’excusant auprès des parents dans le couloir et de la petite Yasmine et ses amies. Je calme Charlotte, en l’immobilisant doucement mais fermement contre moi et en lui massant le dos. Pendant ce temps, j’essaye d’expliquer la règle du jeu quand je suis interrompue par un père d’élève « excusez-moi, il y a le petit Bertrand qui pleure depuis dix minutes dans le couloir, et ne veut pas rentrer dans la classe, et sa mère a dû repartir ». Je laisse mes joueurs, et comme ils ne sont pas encore calmés, l’un d’eux balaie le jeu d’un revers de main, pendant que l’autre se met à rugir, furieux. Je me retourne en soupirant et leur ordonne de ranger le jeu tous les deux. Tant-pis, c’est trop compliqué à gérer, je ne mettrai plus de jeux de société à l’accueil du matin. C’est dommage, c’est si important et ils en ont si peu à la maison… Je vais voir le petit bonhomme qui pleure dans le couloir, tente de sécher ses larmes tout en intimant à mes derniers petits élèves de se dépêcher de mettre leurs chaussons. Martine passe dans le couloir pour raccompagner les derniers parents au portail. Je rentre dans la classe avec Bertrand à la main, mais je ne peux pas fermer la porte car la petite fille trempée de boue attend toujours debout dans le couloir, que Martine vienne la changer. Elle tremble et est triste et vaguement honteuse. Martine est enfin disponible pour la puce et part avec elle dans la salle d’eau, pendant que je range la classe avec les enfants. Celle-ci est dans un état pitoyable. Les kaplas sont étalés partout, certains mêmes sous des meubles, car une immense tour est tombée. Les enfants regrettent que je n’ai pas pu la prendre en photo avant sa destruction car ils auraient aimé que je colle cette photo sur leur cahier de suivi des apprentissages. A la bibliothèque, les livres ont été mélangés, certains jetés à terre. Les enfants ont profité que j’étais occupée pour jouer sur le canapé à faire des roulades, l’un des deux s’est fait mal et pleure en disant qu’il a le cou tordu. Je l’emmène dans le couloir et hurle à travers toute l’école « Martine viens chercher Naïm qui s’est fait mal !! J’envoie le gamin cheminer tout seul dans le couloir jusqu’à la salle d’eau très loin. Ca y’est Martine l’a récupéré. Je peux rentrer dans la classe. C’est encore un peu long de tout ranger même si les enfants m’aident activement. Du coin de l’œil, je vois mon petit Bertrand qui s’est repris à pleurer. Je n’ai pas eu assez de temps depuis le début de la matinée pour comprendre ce qui n’allait pas pour lui aujourd’hui. Mais déjà, il est l’heure de partir tous aux toilettes car plusieurs enfants m’en font la demande, pressés… Tant pis, nous ferons les rituels du matin en revenant des toilettes… Je prends Bertrand par une main, et de l’autre, Charlotte qui sautille joyeusement.

Dans la salle d’eau, Martine est en train d’appliquer une compresse chaude sur le cou de Naïm puis elle remplit le carnet de soins, destiné aux parents. Pendant ce temps, je surveille les autres enfants. C’est difficile de surveiller tout le monde aux toilettes : les petits garçons qui grimpent sur les urinoirs, les petites filles qui discutent des heures, assises sur les sièges, comme dans un salon de thé, les enfants qui ont fini et au lieu de se ranger contre le mur courent partout et jouent en criant, ceux qui réclament à boire puis font tomber de l’eau par terre ou sur leurs vêtements, ceux qui s’éclaboussent exprès à la fontaine à eaux… Et Charlotte qui veut faire pipi debout…

Ca y’est, Martine est revenu avec Naïm un peu consolé. Pendant que je mets les enfants en rang dans le couloir, elles commence à laver les verres qu’ils ont utilisés et aimerait ensuite s’occuper des toilettes. Si nous voulons apprendre des notions d’hygiène et de respect des locaux aux jeunes enfants, il s’agit de leur présenter ces locaux toujours parfaitement propres. Malheureusement, elle n’aura pas le temps de finir car on entend au loin, la maîtresse des moyens, hurler comme je l’ai fait moi-même tout à l’heure « Martiiiine, j’ai deux pipi-culottes à t’envoyer !! ». Martine part en soupirant chercher les deux enfants et comme je rentre, seule avec ma classe, la maîtresse des moyens me demande si elle peut emprunter Martine pour le passage aux toilettes. Normalement, elle dispose de Martine en deuxième partie de matinée mais dans les faits, avec sa classe de moyens, de 30 enfants de 4 ans, elle a besoin d’aide pour les toilettes. Depuis que l’effectif des ATSEM a été réduit dans l’école, les incidents de « pipi et caca » sont beaucoup plus nombreux car les maitresses ne peuvent envoyer seuls les enfants aux toilettes et doivent leur demander de patienter. Physiologiquement, c’est très difficile encore à cet âge, pour beaucoup, de pouvoir se retenir à la demande.

C’est donc toute seule que je fais rapidement les rituels, Charlotte très agitée sur les genoux, puis que je présente les ateliers. Les enfants s’y inscrivent. Et nous commençons à travailler. Je demande aux enfants qui se sont inscrit à l’atelier de Martine de patienter à la bibliothèque, et de fait, ils patientent longtemps puisqu’elle doit passer trente enfants aux toilettes et en laver deux. Ils s’ennuient à la bibliothèque, mécontents d’être là, alors qu’ils attendaient avec impatience de faire de la peinture avec Martine. Et donc ils font du bruit et gênent tout le reste de la classe. Charlotte va et vient avec ses ateliers d’activités autonomes, en chantonnant puis s’étonne de voir ce groupe seul à la bibliothèque, qui chahute, et vient s’amuser avec eux. Elle fait tomber son tiroir par terre et toutes les graines se dispersent partout dans la classe… Je sais que Martine n’aura pas le temps de balayer maintenant, ni après, sa journée est minutée… Je soupire…Il faudra donc que ce soir, avant de chercher mes enfants à l’école, je passe le balai. Sinon la femme de ménage se plaindra à son supérieur qui se plaindra à ma directrice, et je ne pourrai plus faire d’ateliers de manipulation. En effet, le cahier des charges des agents de service de la mairie ne comprend pas ce genre d’actes, c’est à Martine de faire ce « petit ménage ». Mais on ne peut pas demander l’impossible à Martine, elle a deux classes à nettoyer et la femme de ménage passe très tôt, quand elle est encore en charge des enfants à la garderie. Alors j’ai pris l’habitude moi-même de faire ce ménage une fois que j’ai laissé les enfants à leurs parents le soir, quitte à arriver un peu en retard chercher mes enfants. Le bruit monte encore, les enfants se sont rués sur les lentilles, certains les mangent ! Je dois hausser le ton. Plus question de venir murmurer à l’oreille d’un enfant, c’est une dizaine qui font un bruit fou. C’est, soulagée, qu’au bout de vingt minutes, je vois enfin apparaitre Martine qui prend en charge son groupe de peinture. Elle devra prendre sur son temps de pause pour les emmener se laver les mains, ce que je ne peux pas faire puisque je suis de service de récréation. Pas de café pour elle, pas de café pour moi, juste une fatigue qui commence déjà à s’installer en ce début de matinée. Inutile de dire que les enfants n’ont pas eu le temps de faire les ateliers individuels de manipulation. Le retard de Martine, les lentilles, tout cela a bousculé le calme de la classe. De plus, il nous fallait ranger la classe pendant que Martine était dans la salle d’eau avec son groupe. Ce n’était pas « le grand rangement blanc », les enfants étant trop nerveux pour pouvoir réussir leur mission cette fois.

A la fin de la récréation, c’est, seule, que je vais terminer ma matinée, Martine étant passée chez les moyens. Je l’entends crier sur eux d’ailleurs, quand elle les accueille de la récréation. Je sais qu’elle est fatiguée de ne pas avoir eu sa pause, elle travaille avec eux depuis 7 h30 ce matin et aurait eu besoin d’un plus long moment de repos. Certes, elle récupèrera sa pause en début d’après-midi mais d’ici là, il lui faut tenir… Martine est une femme adorable que les enfants aiment beaucoup, une figure maternelle, c’est dur pour eux de la voir énervée aujourd’hui.

J’aurais droit encore à avoir mon ATSEM 3-4 d’heure cet après-midi, en théorie. Mais en fait, sur ces 3-4 d’heures, elle récupérera le quart d’heure qu’elle a perdu justement tout à l’heure à laver les mains des enfants puis les tables de la classe. La pause estextrêmement contrôlée et c’est heureusement ! Donc dans le reste de la journée, j’aurais encore droit à Martine une demi-heure, sachant que dix minutes seront consacré au passage aux toilettes des moyens (impossible de faire autrement) donc en vrai, j’aurai droit au maximum à 20 minutes d’ ATSEM sur l’après-midi.

Bref… nous sommes le matin et il me reste à faire la séance d’activité physique journalière des enfants. Pendant que je monte le matériel, matériel très lourd et encombrant, seule, j’ai demandé aux enfants de s’aligner, assis, contre le mur. Cela les ennuie beaucoup d’attendre ainsi cinq-dix minutes et ils s’agitent, jouent ou se frappent, suivant leur tempérament. Charlotte s’échappe plusieurs fois dans le couloir et plusieurs enfants lui courent après et la ramènent. Les jeux collectifs sont compliqués à animer seule, mais je me débrouille. C’est surtout le parcours du vendredi qui est plus difficile à gérer. Je ne peux pas y aller en début de la matinée, quand Martine est présente, car la directrice a fait un emploi du temps et ce sont les petits et les moyens qui passent en premier. Pourtant, les grands, s’ils sont plus habiles, sont aussi plus aventuriers et parfois ils ne respectent pas les règles. Les petits ont besoin d’être aidés et mis en confiance pour la plupart. Les grands, eux, ont souvent un peu trop en confiance et sont plus aptes à courir, tomber et se faire mal. Je dois être très vigilante et seule, ne peux pas me mettre aux différents points stratégiques du parcours. Alors je suis obligée d’aligner à nouveau des élèves contre le mur pendant que d’autres passent sur le parcours. Parfois, je tente de les mettre dans des « ateliers de décharge », ce sont des ateliers périphériques du parcours, et sans danger. Car les inspecteurs nous disent qu’on n’a pas le droit de faire patienter des élèves pendant le cours d’activité physique et qu’ils doivent être, tous, tout le temps, en mouvement. Mais quel parcours est sans danger quand il y a une fillette autiste qui saute partout dans la salle et va se servir de matériel rangé, quitte à se faire tomber des choses lourdes sur elle ? Quand il y a des petits garçons turbulents et le ventre vide (il est 11h) qui ont besoin de se dépenser et qui ne respectent plus les règles ? Mais aujourd’hui, c’est une petite fille sage qui tombe d’une poutre au sol, ells’est réceptionnée sur un tapis et pourtant, hurle de souffrance. Je regarde son poignet, il parait un peu bizarre. Me voilà obligé d’envoyer une fillette dégourdie chercher la directrice puis je me ravise. La classe de la directrice est trop loin, s’il arrive quelque-chose à la fillette, je serais en tort. Je demande alors à tous les élèves de me suivre, c’est la ruée dans le couloir, ils en profitent tous pour courir et crier, très excités par la situation. La directrice, qui est en classe avec ses petits, observe rapidement la blessée et me dit d’aller chercher Martine : celle-ci doit prendre en charge la petite et téléphoner à ses parents. Je dois donc déranger la classe des moyens et Martine… Je vois la maîtresse des moyens dépitée… Martine emmène la petite, qui pleure beaucoup, dans la salle des maîtres, où se trouve aussi le téléphone. C’est seulement l’après-midi que j’aurai des nouvelles de la puce, recherchée par ses parents à midi et amenée aux urgences. Elle s’est cassé le poignet et doit porter un plâtre. Quelle culpabilité pour moi, même si toutes les conditions de sécurité étaient réunies… Une poutre au sol et des tapis qui la bordaient. Toutes les conditions ? Ha oui, il manquait peut-être un deuxième adulte qui aurait pu la guider sur cette activité où elle était maladroite… Bien-sûr, je n’ai pas le temps encore de penser à tout-ça, cela viendra cette nuit… Pour l’instant, il faut que je revienne avec ma classe dans la salle de jeux pour ranger puisqu’ensuite il y a le périscolaire du midi, qui s’installe dans la salle. Je choisis quelques enfants pour m’aider et le reste des élèves, encore une fois, doit attendre… Je ne peux pas choisir que tous les enfants rangent en même-temps comme dans la classe car le matériel de sport est dangereux, lourd, très encombrant, il y a des choses à dévisser, des poutres en bois, des splints, etc…

Pour cette deuxième partie de matinée, depuis que je n’ai plus d’ATSEM à disposition, je constate que les enfants, en activité physique, passent 80 % de leur temps à… ATTENDRE… (n’en déplaise aux inspecteurs et conseillers pédagogiques). Est-ce-une forme d’activité physique nouvelle que l’école a décidé de leur imposer ? Elle vaut peut-être mieux que de se casser le poignet…

Inutile de dire qu’avec cette nouvelle disposition, nous n’avons pas le temps de retourner en classe après la salle de jeu, et nous perdons ainsi un quart d’heure d’apprentissage.

Ainsi se termine cette matinée avec une atsem à mi-temps. Mise à part le poignet cassé (situation qui arrive plus rarement mais qui existe bien), tout le reste des exemples est quotidien.

CONCLUSION

J’espère que cet exercice très fastidieux à écrire, moins à lire j’espère… explique mieux, par des exemples concrets, pourquoi il est indispensable d’avoir une ATSEM en temps complet en classe. Je parle ici des ENFANTS, c’est le seul sujet qui m’intéresse. Moins d’atsem à l’école maternelle, c’est une dégradation importante des conditions d’accueil et de travail pour les ENFANTS. Pour la petite Charlotte, enfant autiste, pour le petit Bertrand, enfant dyspraxique, pour la petite Yasmine qui vit un événement si important dans sa vie, pour le petit Théo, victime d’encoprésie, pour la petite fille maladroite qui s’est cassé le bras, pour tous les enfants qui ont besoin d’apprendre, d’être aidés, d’être écoutés, d’être soutenus dans leurs apprentissages, qui ont besoin d’adultes bienveillants et disponibles… Battons-nous pour EUX !! Malheureusement, la réforme des rythmes scolaire, a précipité les mairies à diminuer le nombre d’ATSEM dans leurs écoles. Les communes ont dû faire des choix dans leur budget, elles ont fourni des animateurs TAP, elles ont retiré des atsem sur le temps scolaire, profitant d’un texte de loi peu clair. En ce début de quinquennat, Il est temps de changer la loi. J’entends trop peu de voix, à l’Education nationale, ou dans les associations de parents d’élèves, s’élever contre ce problème qui est primordial. Les enfants ne peuvent se défendre seuls, alors aidons-les !! Partagez ce texte, faisons entendre notre position qui est celle de défendre chaque enfant de l’école publique… Chaque jeune enfant qui a le droit d’avoir une ATSEM présente et disponible dans sa classe, pour qu’il puisse grandir et apprendre en toute sécurité affective. N’oublions pas que la France est la seule école dans le monde qui accueille des enfants aussi jeunes, elle doit se donner les moyens de les accueillir avec toute la bienveillance possible, dans le respect de leur besoins affectifs et de leur rythme de développement. Pendant que l’école maternelle parque 30 très jeunes enfants dans une classe avec un seul adulte, partout dans le monde, les autres enfants de cet âge sont accueillis en petit groupe, par plusieurs adultes, dans des crèches où tout est centré sur leur confort et leurs besoins affectifs. Il est vraiment temps de changer la loi et d’exiger des communes une ATSEM par classe, au moins.

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12 réflexions au sujet de « UNE atsem c’est essentiel ! »

  1. Ce récit fait froid dans le dos… on sent bien que, sous couvert d’égalité les différences entre les écoles s’accentue. Ici il y a une ATSEM dans la classe des moyens grands pour les ateliers et les moments importants. La maitresse fait l’accueil seul sur le pas de la porte, mais les enfants semblent calmes et heureux. Peut être parce que quand le petit autiste est là, il est avec l’AVS.
    Le vrai confort pour les enfants est qu’il y a une ATSEM volante qui se rend disponible si une activité particulière nécessite plus d’attention. Cela peut porter le nombre à 3 adultes dans la classe (je ne compte pas l’AVS qui est dédiée à un enfant).
    Ce qui ressort de votre témoignage aussi, c’est que la prise en charge d’un enfant aux besoins particuliers est très défavorisée. Cela pénalise les autres enfants, cela pénalise la maitresse… mais cela pénalise beaucoup l’enfant différent qui ne peut s’épanouir comme il devrait. Les parents ont exigés qu’il soit en école « normale » et c’est bien que cet enfant puisse être avec des enfants plus standard. Il ont eu des soucis avec l’AVS, je sais que cela arrive. Ils n’ont pas pu ou pas voulu attendre qu’elle soit remplacée, c’est leur histoire. Mais cela pénalise beaucoup trop de monde, à commencer par l’enfant autiste elle même.
    J’espère que les choses évolueront positivement. sinon nous allons cogner dans le mur et ce sera douloureux

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    1. Merci d’avoir commenté ce lien. Dans le cas de la petite fille autiste, les parents aimeraient qu’elle soit intégrée en milieu adapté mais ils n’ont pas eu encore de place et ils n’ont pas d’autres possibilités actuellement que de la laisser à l’école de leur secteur. Je vais bientôt faire un article sur les AVS justement mais pour répondre rapidement sur ce point, les parents n’ont pas eu le choix non plus de l’avs ni de la changer quand ils ont vu leur fillette en souffrance avec elle. Bref, la situation avec cette petite fille n’est vraiment pas imputable aux parents. Ceci-dit, il faut savoir que cette petite autiste est relativement tranquille et gêne peu la classe. Il y de plus en plus d’enfants différents et c’est aussi cette spécificité que les personnes au pouvoir doivent prendre en compte dans le ratio adultes-enfants à mettre dans les écoles, sinon oui, on va droit dans le mur…

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      1. Je ne voulais pas dire que les parents faisaient mal… mon commentaire était probablement pas clair.
        Ce que je veux dire, c’est qu’indirectement on limite énormément les possibilités pour les enfants différents. et que certains problèmes en deviennent insolubles

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  2. Bonjour,

    Je suis Atsem, je voulais juste vous dire merci, merci pour les ATSEM et merci pour les enfants 🙂 Je fais parti du collectif des Atsem de France et nous nous battons pour que les choses évoluent. Pour que notre rôle soit reconnu.

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    1. Mais je vous en prie ! Nous les instits de mater, savons bien comme votre rôle est essentiel. Et je pense que beaucoup de parents le savent aussi. Je crois que votre statut un peu compliqué, dépendant des mairies et travaillant aussi pour l’Education Nationale, est une des causes qui fait que votre métier n’a pas toute la reconnaissance nécessaire au niveau « institutionnel « . Si vous dependiez de l’EN, ce serait plus simple…

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  3. Merci pour ce témoignage, merci pour cette reconnaissance de l’atsem, merci pour les enfants. Le reflet d’un beau binôme, bravo à vous et à votre atsem.
    Je me suis retrouvée dans votre description et le fonctionnement de l’enseignante avec qui j’ai le plaisir de travailler. Malheureusement cette collaboration devrait s’arrêter à la rentrée, l’équipe a décidé de faire tourner les atsem, je comprends ma collègue qui a un relationnel compliqué avec une enseignante.
    Mais que c’est bien, valorisant, motivant de travailler avec quelqu’un qui reconnaît vos compétences, vous respect. « notre » fonctionnement ressemble beaucoup au votre. Au plaisir de vous relire peut-être…….
    Et en espérant que le statut et la reconnaissance du métier de l’atsem évolue. #atsemdefrance

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    1. Merci beaucoup pour votre commentaire. Ici aussi malheureusement la politique de la mairie est de faire tourner les ATSEM et je trouve ça dommageable dans la plupart des cas. C’est à dire qu’on devrait changer le binôme s’il ne fonctionne plus, mais quand il fonctionne, c’est vraiment violent… J’espère que vous vous entendrez bien avec la future enseignante !!

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  4. Je suis Atsem en Seine et Marne et même si les institutrices râlent souvent du fait que depuis deux ans il y a eu une suppression d’atsem, elles ne montent pas au créneau pour nous défendre. Il y a une atsem pour deux classes pour une classe de grande section et l’autre de moyenne et grande section et je peux vous dire que nous subissons par l’accroissement du travail une fatigue de plus en plus présente. Avec l’arrivée des TAP nous avons été valorisés par le fait que nous nous occupons d’un groupe d’enfants et mettons donc à profit notre savoir faire même si les semaines de 41h30 sont longues . A contre partie nous avons des vacances en plus ce qui bien appréciable quand on travaille avec des enfants et nous permet de nous ressourcer pour attaquer une autre période scolaire. Avec l’arrivée du nouveau gouvernement et la forte probabilité que la mairie nous remette à 4 jours par semaines nous allons tout perdre!! Quelle valorisation du travail que de refaire plus de ménage pendant les vacances scolaires . Nous avons l’impression d’être toujours à la merci de l’éducation nationale et d’être des pions que l’on déplace au fur et à mesure des réformes.
    Comme vous dites, ce serait peut-être plus simple que notre corps de métier soit rattaché au même ministère.
    Merci à vous de démontrer que notre présence est essentiel et que la maternelle ne peut pas exister sans le binôme enseignant atsem.
    Comme vous dites se sont les enfants qui en subissent les conséquences…avec des instits et des atsem de plus en plus stressés, des troubles du comportement des enfants qui sont de plus en plus nombreux, les rythmes des enfants qui ne sont pas du tout respectés avec des DEPECHEZ VOUS à longueur de journée, et avec en contre partie des chefs de mairie qui veulent que le bien-être de l’ enfant soit respecté!!
    Merci pour votre témoignage qui reflète malheureusement la vie quotidienne d’une école maternelle avec les conséquences que l’on connaît .

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    1. Oui je ne comprends pas pourquoi les enseignants et les parents d’élèves aussi ne se mobilisent pas… J’essaye ici, avec mes mots, de mobiliser un peu mais… bon seraos-je entendu ? Le huffpost va tout de même poster un deuxième article de moi sur les Atsem, suite à ce premier. J’espère que d’autres médias le relaieront… J’ai aussi essayé il y a un an de contacter des députés de l’ancienne majorité mais peine perdue… C’est pourquoi j’essaye de passer par les médias.

      Je suis désolée si vous êtes renvoyées à des heures de ménage… et si le retour aux 4 jours ne sert qu’à ça… quelle honte !!

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