Halte aux ecrans 

HALTE AUX ECRANS

Un matin, me voici regardant la télévision car je suis blessée et en congé-maladie pour quelques semaines… Je vais pourtant vous parler, paradoxalement, de l’effet néfaste des écrans…
Me voici devant l’émission des Maternelles et quelle belle surprise, quelle émotion soudain, d’entendre un médecin scolaire expliquer que les écrans sont nocifs, qu’ils sont peut-être soupçonnés, entre autres, de favoriser des comportements à type de troubles « autistiques » et des troubles de concentration.
Comme j’accueille avec espoir la parole de ce médecin qui explique que les écrans ne doivent pas entrer à l’école maternelle ! A l’heure où les programmes demandent aux enseignants de favoriser l’apprentissage du numérique chez les enfants, à l’heure où la mairie vient d’acheter un tableau interactif pour notre école, que ça fait du bien d’entendre un autre son de cloche ! Les écrans, au contraire d’être enseignés à l’école maternelle, devraient y être interdits et ils doivent également être proscrits à l’école élémentaire jusqu’au collège.
J’en suis intimement persuadée. Je ne l’ai pas toujours été… Etant née dans les année 70 et n’ayant pas grandi avec la télévision ou très peu, je suis de cette génération qui a a découverts les écrans avec ses enfants. Et qui en a d’abord été émerveillée. J’étais persuadée, comme la plupart des adultes à l’époque (et encore aujourd’hui malheureusement), que l’ordinateur était un outil de plus pour éveiller les enfants, un outil formidable qui allait même peut-être aider ceux qui étaient le plus en difficulté. Les diagnostics d’enfants autistes ou hyperactifs explosaient à cette époque, et je croyais avec ferveur que les écrans éveilleraient ces enfants, leur feraient apprendre autrement. Quelle erreur… Au contraire d’aider, les écrans n’ont fait que renforcer chez tous les enfants, les troubles autrefois juste circonscrits à ces pathologies.
C’est depuis quelques années que je le constate vraiment. Car depuis quelques années, en plus de l’ordinateur et des game-boys puis autres DS, sont arrivés les smartphones et les tablettes. Et là, ce fut vraiment l’explosion de l’utilisation pour les tout-petits. La tablette ou le smartphone proposent dès la naissance des veilleuses avec des sons et des couleurs douces pour endormir le bébé, oui… dès la naissance… Puis très vite viennent les comptines et les petites vidéos, et ensuite tout naturellement, les premiers jeux associés à ces vidéos. Que c’est mignon, que c’est tout-doux… Il est normal que les parents succombent à ces applications, elles servent dans la voiture pour les longs voyages, dans la salle d’attente du médecin, mais aussi la nuit quand l’enfant ne veut pas dormir, dans la rue quand il fait une crise (j’ai déjà vu des mamans installer leur enfant sous un arbre pour leur faire visionner une petite vidéo sur le téléphone, le temps qu’il se calme), à table quand il ne veut pas manger, à la sortie de l’école… Mais aussi, le matin, avant l’école…
Et c’est ici que je peux parler, avec mon expérience de maîtresse de maternelle.
Le matin, je les vois arriver, ces jeunes enfants de 4 à 5 ans. Il y a ceux qui, encore un peu endormis, viennent faire un dessin ou se posent à la bibliothèque. Ceux-là sont calme et après s’être réveillés progressivement, ils seront vite prêts à apprendre. Mais il y a aussi ceux, et de plus en plus nombreux, qui sont extrêmement dispersés. Ils errent partout, incapables de se poser, totalement survoltés ou désorganisés. Ils titubent parfois, leurs mouvements sont hachés, leurs yeux sont troubles. J’ai beaucoup de mal à les placer à une activité puis à capter leur attention. Autrefois, il y a 10 ans, j’avais un ou deux enfants de ce type. Maintenant ils sont bien une dizaine, voire plus à se comporter de cette façon le matin, et souvent pendant toute la journée. Ces enfants n’ont pas toujours de troubles connus, ils sont juste très distraits, dans leur monde, remuants… Mes collègues connaissent le même souci dans les autres classes.
Mais pourquoi les enfants sont-ils devenus si difficiles à canaliser ? Est-ce-juste parce qu’on vieillit, mes collègues et moi, et qu’on s’accroche à un âge d’or qui, comme son nom l’indique, n’a jamais existé ? Ce fameux âge d’or où les enfants étaient sages et bien élevés ? Ou y-a-t-il vraiment une proportion de plus en plus importante d’enfants avec des troubles du comportement ? Sans parler de ceux qui ont un trouble neurologique diagnostiqué comme les TSA ou le TDAH etc, nouveaux noms de l’autisme et de l’hyperactivité des année 90.
J’ai d’abord attribué ça à l’éducation (trop permissive ou au contraire trop violente, car les deux se cotoient allègrement de nos jours) puis je me suis penchée sur l’alimentation, les vaccins… Je voulais SAVOIR, je voulais COMPRENDRE, cela me minait. Je crois encore que ces facteurs (éducation permissive, « malbouffe » , pollution diverse) peuvent avoir un rôle dans certaines pathologies, et puis, ceci est prouvé scientifiquement.
Puis un jour, j’ai lu le livre de Céline Alvarez, j’en reparlerai dans un article entièrement consacré à lui. Ce fut une révélation pour moi sur bien des points, car elle expliquait scientifiquement ce que je pratiquais intuitivement dans ma classe. Dans ce livre, elle parlait d’un autre ouvrage, de Michel Desmurget, appelé TV Lobotomie. Et je décidai de l’acheter. Ce fut encore une nouvelle révélation pour moi, mais cette fois, contrairement au livre de Céline Alvarez, ce fut aussi une surprise. Car je découvrais une nouvelle piste, pour expliquer les troubles de concentration et apparentés : Cétait la piste de la télévision, des écrans, des jeux vidéo etc…
Je pensais trouver dans TV Lobotomie une critique des programmes d’aujourd’hui, « Anges de la téléréalité » et autre « Hanounâneries »… Mais en fait, j’appris aussi que n’importe quel programme, même un programme intellectuel ou éducatif, était néfaste sur le cerveau, à n’importe quel âge, mais encore plus pendant l’enfance. Je ne vais pas ici expliquer le fonctionnement du cerveau par rapport à l’activité de regarder un écran, je me contenterai de mettre des liens vers les livres de C. Alvarez et M. Desmurget. Il faudra alors que vous alliez les acheter et les lire… Et non visionner un programme qui vous en parlera… Je plaisante mais il faut savoir que malheureusement, si le livre de Desmurget n’a pas été très médiatisé, c’est justement qu’il mettait en garde contre les médias en général. Personne n’a envie d’être mis en garde sur les écrans, ni les médias bien-entendu, ni leurs utilisateurs, nous tous, tant ceux-ci sont entrés dans nos vie et nous paraissent utiles.
Après lecture de ce livre qui m’a convaincue, et après une expérience concluante sur mes enfants, j’ai essayé d’alerter quelques amis, mes parents d’élèves aussi, de ce que j’avais appris dans ce livre mais j’ai reçu beaucoup les mêmes réactions : un assentiment (tout le monde sait implicitement qu’il y a trop d’écrans) teinté de beaucoup d’ennui. Je voyais dans les yeux de mes interlocuteurs de la panique : « comment vais-je faire sans écran ? ».
Comme je l’ai dit plus haut, à défaut de pouvoir entrer dans les familles de mes élèves, j’ai tenté moi-même l’expérience du « sans-écran » sur mes deux plus jeunes enfants. Il m’a été impossible de la proposer à mes deux grands, deux adolescents de 13 ans et 15 ans, déjà embarqués dans ce système, déjà autonomes dans leurs loisirs, obligés même d’avoir un ordinateur pour rendre leurs devoirs à leurs professeurs.
Mes deux petits, de 3 ans et 5 ans et demi, en étaient là des écrans quand j’ai tenté mon expérience en octobre dernier :
Ils regardaient le week-end et le mercredi des dessins animés de leur âge, parfois une émission sur les animaux à la télévision. Il n’y avait pas de plages définies pour qu’ils regardent un programme, c’était à la demande, ou quand je les voyais fatigués ou que je me voyais moi-même fatiguée. Comme tous les parents, je faisais très attention qu’ils ne restent pas collés devant l’écran plus d’une heure et demi de suite (durée d’un dessin animé Disney…). Et après une séance télé, je leur proposais un jeu de société ou un tour au parc. Par ailleurs, il nous arrivait à nous ou à leurs frères de regarder un programme non violent le week-end, devant eux. Les petits passaient devant, posaient des questions, repartaient jouer. De même, ils voyaient souvent leurs grands frères jouer à des jeux vidéo dans le salon. J’ai toujours interdit les jeux de guerre à mes fils donc ils ont surtout des jeux sportifs ou d’aventure. Ainsi, je ne pensais pas nocifs que mes petits voient ces jeux. Mon garçon de 5 ans commençait d’ailleurs à poser de plus en plus de questions à ses frères. Souvent, il se posait près d’eux, et commençait à apprendre à manier un peu la manette. J’aimais ce rapprochement entre mes trois garçons, le petit et les grands. Mes deux petits ne jouaient pas encore à des jeux vidéo sauf exceptionnellement sur mon smartphone en long trajet de voiture ou dans un moment d’attente. Nous n’avions pas de tablette. Ils n’étaient donc pas exposés beaucoup aux écrans, sans-doute moins que la plupart des enfants de leur âge, mais ils y étaient exposés régulièrement on va dire… Par ailleurs, c’était des enfants qui réclamaient beaucoup ma présence et voulaient que je joue sans-cesse avec eux.
J’ai donc décidé d’arrêter tout écran pour les deux petits, ou presque. Je leur laisse 1/2 heure de dessin animé par semaine. Vacances ou pas vacances. Cette demi-heure se situe le samedi matin, seul jour où ils ne doivent pas se lever tôt. La semaine, ils vont à l’école et le dimanche, ils ont un cours de natation à 9 H. J’ai enlevé les jeux de mon smartphone et les deux seules fois où ils me les ont réclamés, je leur ai dit que je n’avais plus de place sur mon téléphone, ils ont accepté sans souci. Dans la salle commune, j’ai demandé à mon mari et mes ados de ne plus allumer la télévision en leur présence, ni pour regarder un programme ni pour jouer à la console. J’ai décidé de nouvelles heures de jeux-vidéo, pour mes grands, après le repas le week-end quand les petits sont couchés. Je veux que la télé et la console de jeux restent dans le salon. C’est essentiel pour moi qu’elles n’arrivent pas dans la chambre de mes ados, sous couvert que ça doit rester caché aux petits. De fait, mes ado ont donc tout de même vu aussi diminuer leur temps d’écran.
Et je suis allée de surprise en surprise.
Première surprise : mes petits n’ont jamais manifesté de mécontentement à voir la télévision quasi-disparaître de leur vie. Ils n’y pensent pour ainsi dire, plus du tout. Et souvent, la « zappent », même le samedi matin. Mais de savoir qu’ils y ont encore droit ce jour-là les rassure quelque-part, ou plutôt leur permet de ne pas être frustrés. Ceci-dit, si ça ne tenait qu’à moi, il n’y aurait plus de télévision du tout à la maison.
Deuxième surprise : mon mari et mes ados n’ont pas manifesté non plus de mécontentement d’être restreints d’écrans (mais pas interdits). Au contraire, pour mes ado, je les ai vus se remettre à lire spontanément et avec plaisir. Et ils aiment aussi partager avec nous, et même parfois, avec leurs petits frère et sœur des jeux de société.
Troisième surprise et la meilleure : je pensais que mes deux petits et surtout ma fille de trois ans n’aimaient pas jouer et ne profitaient pas assez de leurs nombreux jouets. Depuis mon expérience, ils jouent tout le temps !!

Il faut savoir qu’un enfant qui vient de regarder la télévision met un moment à se remettre à autre chose et reste souvent les yeux dans le vague, ou au contraire, désordonné ou bougon. De plus, sa capacité d’imagination est grandement limitée par ce qu’il a pu voir à la télévision, il joue souvent uniquement à reproduire des séquences de dessin animé sans construire lui-même l’histoire. Je l’observe fréquemment en cours de récréation. Les petits garçons imitent des batailles de leurs héros de film ou de jeux- vidéo, ils reproduisent des coups, des cris sans construire un scénario intéressant (le fameux « on dirait que » si important au développement de la créativité) les filles se pavanent comme des « princesses-pétasses » de dessin-animés (Barbie, reine des neige…) en se montrant leurs habits, au lieu de jouer à la maman du quotidien (indispensable pour se construire) ou aux princesses merveilleuses des contes de Perrault (qui n’ont pas une seule figure figée mais mille, suivant toutes les versions de contes et les multiples illustrations). La capacité d’imagination n’est pas seulement importante pour apprendre à inventer des histoires, ce n’est pas seulement une question de créativité, c’est aussi qu’elle développe ce qu’on appelle la flexibilité cognitive. La flexibilité cognitive est la capacité à résoudre des problèmes, et à trouver plusieurs solutions. Si l’une des solutions ne fonctionne pas, on va en tenter une autre. Quand on est privé de flexibilité cognitive, notre intelligence est grandement diminuée. Les écrans diminuent la flexibilité cognitive des enfants.
J’ai vu mes enfants changer sous mes yeux émerveillés. Et pourtant ils étaient loin d’être des enfants submergés par les écrans, avant l’expérience. Ils étaient déjà beaucoup limités par rapport aux écrans, par rapport à tant d’enfants du même âge. Mais d’être brusquement totalement sevrés a tout changé pour eux. Ils sont devenus beaucoup plus créatifs, se sont mis à inventer des histoires extraordinaires qui les occupent tous les deux des heures : inventent sur-mesure des rôles de papa, de maman ou de bébé et les interchangent tout le temps, vont faire des courses en récupérant des boites vides de céréales et de chocolats, organisent des pique-nique fabuleux dans le salon avec leurs poupées, ils voyagent dans des volcans, voient la cuisine transformée en champ de lave et se hissent sur les chaises pour ne pas se brûler les pieds, descendent dans des grottes sous la table, créent des embouteillages de voitures et de dinosaures, soudainement détruits par des météorites… Ils jouent, ils jouent, ils jouent, ils jouent… Leur vie entière est devenue un jeu, un monde merveilleux où ils développent vocabulaire, adresse, imagination, flexibilité cognitive… et joie surtout…. Et joie !

Quand il fait beau, ils se mettent sur la terrasse ou dans le jardin, et ils observent pendant des heures des insectes, gendarmes, cloportes, coccinelles, ou bien une fourmilière à qui ils fournissent de petits bouts de gâteaux. Ou alors, ils vont arroser leurs fleurs, ou enlever les mauvaises herbes (parfois aussi ils les arrosent, se prenant d’affection pour elles !). Quand il fait moins beau, ils se posent et dessinent, coupent, construisent… Ils mesurent avec des règles, tracent des traits, apprennent à se servir de ciseaux, seuls, entièrement seuls. Ils aiment tant les livres aussi, même ma petite qui ne sait pas lire. Entre-temps, ils ont eu 4 et 6 ans. Mon fils a appris à lire, il a même été spécialement rapide dans l’acquisition de la lecture, cela s’est fait naturellement et il passe maintenant des heures à dévorer BD et livres, encylopédies et dictionnaires. Il commence à écrire un roman aussi. Il possède beaucoup de vocabulaire et a une sacrée imagination qu’il puise dans ses lectures. Ma petite fait des dessins, des coloriages, des puzzles, des châteaux de légos et des tours de kaplas. Elle nous dit souvent qu’elle « cherche des solutions » pour construire une tour plus haute ou plus solide.

Pendant que nous faisons la sieste le week-end, nous retirant une heure et demi à deux heures dans notre chambre, notre grand les garde. C’est très facile pour lui, il n’a rien à faire que de surveiller qu’ils ne se fassent pas mal. Pas besoin de les occuper, ils savent s’occuper seuls et cela peut durer très longtemps. Ils s’occupent à deux et puis après, tout-seuls aussi. Ils savent aussi que quand je vais revenir vers eux, je vais faire du jardinage avec eux, de la peinture, de la cuisine…qu’on les emmenera se promener et faire du vélo.

Car oui, pour réussir une vie sans écran, il faut donner aussi un peu de son temps.
Mais franchement, j’ai été stupéfaite et c’est la quatrième surprise, de la facilité avec laquelle cette transformation du quotidien s’est faite.
J’ai essayé d’en parler un peu à mes parents d’élève et ils sont admiratifs. « Whaou une demi-heure par semaine !! Mais comment vous faîtes ?? Moi, mes enfants deviendraient fous !! Et comment les gérer sans télé ? ». C’est là que je peux leur dire, que d’après mon expérience, c’est beaucoup plus facile de gérer des enfants sans télé, une fois passé la phase de frustration et désintoxication ( que mes enfants n’ont pas eu par contre). Je pense qu’à ce moment là, il faut peut-être être plus présents avec eux quelques temps pour leur apprendre à s’occuper autrement. Mais ensuite, très vite, ils s’apprendront à s’occuper seuls et c’est bien ça le but.
Ou alors, des amis m’ont dit « mais tu n’as pas peur qu’ils soient décalés avec les autres enfants ? ». J’avais lu dans Desmurget qu’il n’y avait aucun décalage entre les enfants sans télé et les autres, et je le constate. Ils ont des copains et quand ils les invitent à la maison, tous les bambins jouent sans se soucier de la télévision. Quand ils vont chez leurs amis et que ceux-ci leur proposent un dessin animé, les miens refusent toujours et demandent à jouer, vite suivis par leurs amis. Ma fille ne connait des héros des dessins animés que ce que lui en disent ses copines. Elle a reçu des poupées Reine des neiges à son anniversaire et joue avec elles comme avec n’importe quelle poupée, ne se souciant pas de l’histoire qu’elle ne connait pas, mais juste ravie d’avoir la même poupée que ses copines. Cela lui suffit parfaitement.
Quand je vois l’épanouissement de mes enfants grâce à cette vie sans écran, je suis d’autant plus attristée de l’invasion de ceux-ci dans l’Education nationale. C’est extrêmement grave. On est encore dans la préhistoire des écrans, encore dans l’idée qu’ils pourraient avoir une valeur éducative. Ils n’en ont aucune et même, bien, pire, sont néfastes. Pourquoi un écran qui fait des ravages à la maison (et tous les spécialistes sont d’accord là-dessus) favoriserait-il de l’apprentissage dans les écoles ? Je connais des petits élèves qui savent compter jusqu’à mille sur un écran mais pas jusqu’à 10 en réalité, qui savent faire un jeu de bataille de cartes sur tablette mais ne savent pas faire un jeu de bataille sur table, qui savent placer des pays partout dans le monde sur une application de portable mais ne connaissent pourtant aucun nom de pays, qui jouent en anglais mais n’ont gardé aucun vocabulaire dans la réalité, etc…Les enfants « n’impriment » pas les jeux éducatifs. Ce sont les enfants qui ont appris avec un être humain en face d’eux, parent ou bien professeur ou bien grand-frère et grande-sœur etc…qui apprennent le mieux. Ceci est prouvé par les neuro-sciences, auxquelles s‘intéresserait notre nouveau ministre de l’Education nationale. Un espoir que soit reconnu l’erreur de cette entrée du numérique dans les programmes de maternelle ?
Dernier argument des pro-écran (argument de l’EN aussi) : « l’enfant a besoin d’apprendre le plus tôt possible à utiliser un ordinateur sinon il sera handicapé par rapport à ses camarades ». Je ne crois pas à cet argument. Un enfant de dix ans peut apprendre très rapidement à se servir d’un ordinateur. La preuve, nous les adultes de 40 ans et plus, avons appris encore plus tard et nous sommes devenus des professionnels de l’ordinateur, reconnus pour certains. La précocité dans un apprentissage n’est pas synonyme de surdouement à l’âge adulte dans ce même apprentissage, à fortiori quand il s’agit d’un apprentissage néfaste à d’autres fondamentaux, comme la lecture ou le développement des fonctions cognitives de base.
Plutôt que de développer l’usage du numérique, l’Education nationale devrait au contraire le bannir totalement des écoles. C’est une question urgente et de santé publique. On va droit dans le mur et on y va très très violemment. Nos enfants ont besoin d’apprendre et de se construire dans la réalité.

https://www.celinealvarez.org/
http://www.mieux-vivre-autrement.com/un-neurologue-de-linserm-la-television-impacte-gravement-les-enfants.html#sthash.CcxFTniY.dpbs

Le Monde – « La surexposition des jeunes enfants aux écrans est un enjeu majeur de santé publique »
Dans une tribune au « Monde », des médecins et professionnels alertent sur les graves troubles du comportement et de l’attention qu’ils observent de plus en plus chez les petits.
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/05/31/la-surexposition-des-jeunes-enfants-aux-ecrans-est-un-enjeu-majeur-de-sante-publique_5136297_1650684.html

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13 réflexions au sujet de « Halte aux ecrans  »

  1. Article très intéressant dont je partage les grandes lignes. Ce problème m’a particulièrement interpellée cette année face aux mêmes constatations au niveau de l’école et en parallèle avec les problèmes de fatigue généralisée. Ceci dit, je reste persuadée que d’une part, il y a support numérique et exploitation numérique car, comme tout élément éducatif et pédagogique, il y a contrôle et régulation, mais que d’autre part interdiction et suppression ne sont pas des solutions forcément très efficaces (ce qui est d’ailleurs bien décrit).
    Nos pratiques doivent évoluer, c’est certain et indiscutable, car la communication, l’information, la représentation, les relations ne sont plus les mêmes mais la difficulté réside dans le fait non pas que nous ne sommes pas nés « dans le Numérique  » mais surtout que nos pratiques, nos besoins, notre quotidien en sont détachés car nous savons que nous pouvons vivre sans…
    Ensuite, il me semble que l’exemple de nos propres enfants n’est pas des plus pertinents, car, ils intégrent inconsciemment nos convictions et la subjectivité du sujet est inévitable, ils ne sauraient nous décevoir…
    Enfin, comme pour de nombreux actes aux conséquences nuisibles que les parents inculquent inconsciemment à leurs enfants (manque de sommeil, d’autonomie, de tolérance, de solidarité…) soit par méconnaissance, mimétisme ou naïveté, il faut avant tout « désintoxiquer » ces responsables éducatifs, qui ont grandi, eux, avec le Numérique, de ces mêmes actes si nous voulons les convaincre de faire de même avec leur progéniture,
    et convaincre, alors, est loin d’être un vain mot…
    Halte à l’abus et à la facilité des écrans, halte aux écrans mal utilisés, interprétés et mal surveillés, halte aux écrans programmés et stéréotypés, halte aux écrans qui isolent et enferment…
    Mais les écrans peuvent être ouverts sur le monde et les autres, pratiques, instructifs et utiles au quotidien, ils existent et ne sont nuisibles que s’ils deviennent essentiels, indispensables, vitaux…

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour cette longue réponse très intéressante et enrichissante qui complète, de manière pertinente mon article.

      Vous avez tout à fait raison. Mes enfants avaient un préalable favorables par rapport aux jeux ou aux livres, ce que ne peuvent offrir toutes les familles. Mais ce que doit absolument offrir l’école maternelle.

      L’apprentissage du numérique viendra après les apprentissages fondamentaux… Et ce sera alors, à l’âge du collège et du lycée, un apprentissage fondamental !

      Pour terminer sur ce que vous disiez à la fin : d’écran à écran, ravie de partager nos points de vue 😉

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  2. Cet article me parle dans l’ensemble. Mes aînés (4 et 5 ans) ont le droit à l’équivalent d’un film disney les jours de WE ou de vacances. Au max. Souvent c’est plus court. Quand on n’est pas à la maison c’est généralement du sans écran. Mais c’est déjà trop. On est un peu paresseux… QUand il est de garde, mon homme en profite pour finir sa nuit. moi pour vaquer à mes occupations.
    On verra si on peut réduire.
    Par contre le phénomène Zombi décrit, je ne le vois pas chez mes enfants. Dès que la TV est éteinte, ils partent dans leurs histoires et dans leurs jeux. Exactement comme en semaine quand ils n’ont pas accès aux écrans.
    Au passage, nous faisons de longs trajets en voiture. Ils s’occupent seuls, entre les livres, leurs papotages, leurs jeux entre eux et les disques audio. Je crois que pour ce dernier point, c’est une question d’habitude en fait

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    1. Merci pour ce commentaire. Oui le phénomène zombi, je ne me rappelle pas l’avoir constaté sur mes enfants (parfois un énervement peut-être par contre) mais je l’ai constaté sur certains de mes élèves. En voiture, idem, mes enfants se sont toujours occupés seuls. Parfois on fait un petit jeu avec eux : compter les voitures rouges et jaunes, faire le jeu du portrait, ni oui ni non etc…

      Aimé par 1 personne

  3. Pour quelqu’ un anti écran, c’est surprenant de voir un article écrit sur internet….. donc anti pour les autres mais pas pour vous !!
    Bien sûr c’est mauvais pour les enfants, tout le monde le sait…. il faut commencer le plus tard possible et le moins longtemps possible par jour c’est évident. Concernant la télé c’est un écran particulier, ce n’est pas la même chose qu’un jeu sur tablette ou téléphone. Il ne faut pas tout mettre dans le même panier !!

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    1. Merci pour votre commentaire.

      Hélas, Tout le monde ne le sait pas malheureusement… Beaucoup de parents pensent que les jeux éducatifs sur écran sont bons pour leurs enfants.
      Je ne suis pas anti-écran mais anti-écran pour les jeunes enfants jusqu’au collège. Leur intelligence doit se développer autrement dans la réalité des choses. Et également par les livres.

      Pour “mettre tout dans le même panier” lisez Tv lobotomie et on en reparlera, mais je pensais comme vous au départ.

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  4. Bonjour,
    Un article intéressant, je viens de le citer dans le billet écrit « Le danger des écrans pour les tout-petits : l’autisme virtuel » : http://www.toutpourapprendre.com/2017/10/le-danger-des-ecrans-pour-les-tout.html
    L’introduction des jeux sur tablettes et autres me semblent également à éviter chez le petit : il a besoin de manipuler avant tout. Quant à la télévision, je crois que nous sommes nombreux à savoir qu’un petit ne peut rester seul devant un écran. Certains sont plus sensibles que d’autres et puis il y a les explications données ou pas, d’autant que ce qui nous semble anodin ne l’est pas toujours pour eux. Je connais un garçon qui, à 2 ans, était traumatisé (oui vraiment, cauchemars à répétition) à cause du jeu de la tyrolienne dans un célèbre jeu télé (petit personnage qui tombait une fois parvenu en haut). Bonne journée !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour votre réponse et votre lien ! Je vais regarder ça ! En espérant que les mentalités évoluent…

      Pour l’exemple de la télévision, vous pouvez aussi consulter mon article « peut-on tout dire à un enfant «  qui montre les dangers des nouvelles télévisées…

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