Le travail en commun

C’est une partie souvent oubliée à l’école. Et pourtant c’est ainsi que devront fonctionner les adultes de demain. Dans une entreprise, dans une société, dans la vie quotidienne, ils devront apprendre à offrir leurs compétences et à profiter de celles des autres. Et ce sera bien.Notre société individualiste privilégie les apprentissages en solo, et glorifie ceux qui font tout, seuls. Pourtant, c’est en mutualisant ses efforts et ses connaissances qu’on obtient les meilleurs résultats.

Pour moi, j’essaye de promouvoir le travail en équipe. Il y en a de plusieurs sortes.

Il y a l’enfant qui a fini son travail avant tout le monde et avec succès, et va aider un autre en difficulté. Personne ne peut imaginer comme mon cœur se gonfle de tendresse pour eux quand ils viennent me voir en disant « maîtresse, je peux aider un autre enfant ? »

Ils ont à y gagner les deux, l’aidé et l’aidant. L’aidant va chercher comment faire comprendre à l’aidé. Et croyez-moi, je sais que c’est difficile !! L’aidé va devoir persévérer et faire des efforts, soutenu et guidé, jamais remplacé. La règle d’or que j’ impose à l’aidant, c’est : « tu as le droit de lui expliquer la consigne. De lui montrer ce qui peut lui être utile dans les affichage de la classe ou sur les cahiers de références. Mais tu ne dois pas faire l’exercice à sa place ». 

Mes petits pédagogues m’épatent parfois et les observer est hyper intéressant. Il m’arrive de trouver des idées dans leurs façons d’expliquer aux autres. Ils ont le même âge, et une façon semblable de fonctionner et tout ça est précieux.

Un autre travail en commun, ce sont les défis. Un défi-maths entre tables (ils sont par tables de 4), un concours du plus beau dessin de table, un défi de lecture etc… Dans la note finale, je donne toujours des points pour la solidarité, la participation de chacun, l’organisation et la gestion de leur groupe, en plus des résultats. 

Les temps de travail en groupe sont les temps où je me sens le plus aboutie en temps qu’instit, où je me sens le plus heureuse. Les regarder fonctionner, discuter pour trouver, confronter leurs idées, rassembler leurs connaissance… Dans un climat pacifique et sérieux, tout en étant joyeux… Et bien, le mot que je trouve à ça, c’est : Magnifique…

Parfois, quand ils arrivent à faire les choses quasi en silence ( je leur dis :  » faites petit silence  » ça veut dire chuchoter) , on peut rajouter une musique d’ambiance et là, on atteint une sorte de plénitude. Des collègues sont déjà passées ainsi dans ma classe à ces moments et sont étonnées de notre bien-être à tous, maîtresse et élèves. 

Je ressens un peu le même bonheur en voyant mes enfants faire la vaisselle ou préparer un repas en discutant, en chantant ou écoutant de la musique. 

Le plaisir du travail en groupe, c’est qu’il est joyeux, c’est qu’il est solidaire, c’est qu’il est productif.

Travailler en commun dans une classe, c’est aussi prêter ses affaires. Contrairement à ce que les parents croient, les enfants aiment prêter leurs affaires et sont malheureux quand leurs parents leur interdisent de le faire. Quand je demande à un enfant de prêter sa colle à son voisin et que son visage devient infiniment triste, je sais ce qu’il va me répondre :  » maman m’a dit de ne pas prêter mes affaires ».

Les enfants ont la notion du don en eux, ce sont les adultes qui leur apprennent à être possessifs et individualiste, à garder pour eux leurs affaires, à se cacher derrière leurs cahiers de peur qu’on les copie…

Essayons d’éduquer nos enfants dans le prêt et le don. Car ce qu’on sème, on le récolte un jour. 

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