Mon livre

J’ai écrit un roman.

Son thème : Sur l’Ecole.

Son titre : Ce qu’on ne peut pas dire.

Sa dernière phrase : « N’abandonnez pas les enfants ».

Ca y’est, mon livre est édité et il est entre mes mains, sous forme d’un objet solide. En ce moment-même, il repose sur le bureau à côté de mon ordinateur et de ma tasse de café. Voici deux ans que j’ai écrit ce livre mais je me suis mise en quête d’un éditeur au mois d’avril dernier seulement. J’ai cru un moment que je ne chercherai pas à le publier car j’avais peur, peur des réactions de mes collègues, des réactions des parents d’élèves, des réactions de mon entourage, des réactions de mes supérieurs hiérarchiques à l’Education Nationale. Peur de blesser des collègues ou des parents, peur d’étonner mon entourage, peur de défier l’Institution. J’ai toujours aimé raconter des histoires et j’ai fait de ce livre un roman. Ainsi, personne n’est visé directement dans mon livre. Il n’existe réellement aucun des personnages que j’ai tous inventés, mais j’ai pourtant essayé d’être le plus réaliste possible.

J’aurais aimé écrire un roman fantaisiste, j’aurais aimé écrire un roman d’aventure, j’aurais aimé écrire un roman d’amour, j’aurais aimé écrire un roman rempli d’optimisme et de bonne humeur, ce genre de roman que l’on ferme à la dernière page avec le sourire aux lèvres. Mais ma personnalité, mon métier, mes choix de vie et de pensée, m’ont porté à écrire un roman à la fin sinistre et glaciale, un roman sans grand espoir, un roman qui crie pourtant à l’espérance, car je la garde au fond de moi, pour tous les hommes de bonne volonté. J’aurais pu, comme certaines maîtresses sur le net ou dans des essais, ou comme des pédiatres chantres de la bienveillance, de l’écoute et des pédagogies alternatives, j’aurais pu écrire un livre qui va vers le positif, qui explique des méthodes pour y parvenir. Mais ce n’est pas mon créneau, même si je le regrette. Dans mon blog, je n’ai jamais cherché à donner des leçons, j’en suis bien incapable, laissant cela à d’autres qui en ont le génie. Moi, ce que je sais faire, c’est raconter et décrire, et décrire l’école aujourd’hui, c’est une bien triste aventure.

Je ne souhaitais pas faire un essai car je me suis dit, peut-être à tort, que les romans sur l’école d’aujourd’hui, sont assez rares. Je voulais raconter, de la manière la plus exacte possible et donc la plus intime possible, ce qui se passe dans une salle de classe, quand les parents ont déserté la cour d’école, après y avoir déposé leurs enfants. J’ai donné la parole à trois personnages, emblématiques de l’école aujourd’hui, et qui pourtant sont les trois premières victimes de cette institution : Les enseignants, les AVS nouvellement appelées AESH, et les élèves bien-sûr, mais attention, toutes sortes d’élèves, car il s’agit de porter la voix de tous, de l’enfant handicapé à la petite fille effacée au fond de la classe. Tous les enfants subissent les classes surchargées, la mauvaise prise en charge des enfants à besoins particuliers, la mauvaise formation des enseignants et des AVS, la non-compréhension entre les psychologues scolaires ou de ville, les médecins, les parents, l’absence d’aide pour les enseignants…

Au-delà de l’école, j’ai essayé aussi de porter un regard critique sur notre société, sur les parents d’élèves parfois agressifs envers les professeurs, alors que leur but commun est pourtant là : élever les enfants. J’ai un peu parlé sur les modes de pensées et les différents courants d’éducation qui se heurtent à l’école, sans se comprendre : sévérité demandée aux enseignants quand les parents sont laxistes, bienveillance demandée avec la même force quand les parents punissent et frappent… Et surtout, j’ai voulu expliquer la totale méprise que beaucoup de parents font : confondre l’enseignant de leur enfant et l’Education Nationale, confondre l’homme ou la femme en charge de petits êtres et le fonctionnaire coincé par son devoir de réserve… Cela fait le jeu des différents ministres de l’Education nationale car ainsi, la faute sera toujours reportée sur les petits pions plutôt que sur l’Administration. Lorsqu’un enseignant est en réussite avec une classe, on le louange, et on a bien raison vu les difficultés que tous les enseignants traversent, mais à l’inverse, s’il est en échec, les parents d’élèves, voire ses supérieurs « le lapident ». Et c’est cela qui est injuste car chaque enseignant, à un moment ou un autre, rencontre une classe comme celle de Caroline… Ceci-dit, je ne cherche pas à défendre à tout prix tous les enseignants, j’ai assez d’expérience dans diverses école pour avoir vu et voir qu’il existe aussi des professeurs des écoles réellement et individuellement maltraitants, ou cyniques ou blasés. Mais pour pouvoir traiter tous ces cas particuliers, de mauvais enseignants, de parents agressifs, d’enfants en difficulté, il faut une réelle Ecole ambitieuse derrière, ce qui signifie, une école dotée de beaucoup de moyens, donc d’argent oserais-je dire… Car les formations et le personnel supplémentaire, les actions sociales et médicales, tout ça, ça se monnaye…

Bref, vous aurez compris que j’ai écrit ce livre non pour amuser ou distraire les gens malheureusement, mais pour mettre en garde vers un système qui ne s’améliore pas, et qui met chaque jour des enseignants mais surtout des enfants en échec. J’aimerais votre aide pour lire ce livre, pour en parler autour de vous, les réseaux sociaux peuvent aider comme la presse. Merci de votre aide, merci pour les enfants. La politique de l’autruche n’a jamais servi à sauver une autruche, ni son troupeau, tout juste à la faire se dévorer par derrière, sans qu’elle ait le temps de s’en rendre compte. Soyons courageux, ce n’est pas un sujet facile, ce n’est pas un sujet drôle, ce n’est pas « divertissant » comme notre société aime tant, mais il faut aborder ce thème de la souffrance à l’école, si on veut garder vivante notre école.https://www.editions-maia.com/livre/ce-quon-ne-peut-pas-dire/

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