A bas les normes

En tant que personne différente des autres, depuis toujours, en ayant toujours beaucoup souffert depuis que je suis bébé, et reconnaissant ma différence dans mes enfants, parfois dans mes élèves, je veux écrire un petit quelque-chose là-dessus.

A bas les normes car elles nous emprisonnent dans un personnage que nous nous imposons. Les normes nous contraignent à choisir une vie que nous ne voulons pas toujours, à restreindre notre champ des possibles, à avoir peur quand nous pouvions nous sentir courageux, à être raisonnable quand nous pouvions nous sentir pousser des ailes, à nous justifier quand nous devrions juste être acceptés, à nous inquiéter pour nos enfants quand nous devrions juste les laisser évoluer plus vite ou plus lentement… A acheter des produits dont nous n’avions pas besoin, à aller à des endroits qui ne nous intéressaient pas, à perdre du temps pour des choses qui nous ennuient… A avorter quand nous voulions juste aimer. A faire un autre enfant quand notre famille nous suffisait. A dire non quand nous voulions dire oui. A dire oui quand nous voulions dire non….

La liste est longue et impressionnante, et interminable, de tous ces actes graves que nous avons fait, pour être dans les normes.

Quand on sait qu’en plus les normes évoluent sans-cesse, et qu’on ne sait pas vraiment ce qu’elles veulent dire, c’est d’autant plus triste.

Quand nous devenons parents, c’est démultiplié. Nous avons la responsabilité d’un petit être, d’une autre vie, alors nous devenons encore plus frileux, nous avons encore plus peur de ne pas être dans les normes et effrayés à cette occasion de nuire à notre enfant.

Nous avons peur aussi que notre enfant ne soit pas dans les normes : marche trop tard, parle trop tard, soit propre trop tard, apprennent à lire après les autres, ne se comporte pas comme les autres de son âge etc etc… La liste est ici aussi interminable, car l’école, par ses livrets d’évaluation impitoyables, dès l’école maternelle, nous liste tout dans le moindre détail, la normalité dont notre enfant doit faire preuve. Nous avons tellement peur que notre enfant fasse trop tard que nous cherchons à ce qu’il fasse trop tôt !! Mais alors, nous ne sommes plus dans les normes et nous voici de nouveau critiqués !

J’ai remarqué que beaucoup de personnes qui se moquaient des normes, jeunes, deviennent ultra-normées à la naissance d’un enfant. Pression de la société, de l’entourage, de soi-même et surtout peur-peur-peur… Peur qu’être hors normes nous conduisent à être malheureux ou rendre malheureux notre enfant.

Mais qui a dit qu’une personne parfaitement dans les normes était plus heureuse ??

Mais qui a prouvé qu’un enfant dont la famille était parfaitement normale, était plus heureux ??

Une personne heureuse, adulte ou enfant, est juste une personne acceptée et aimée par son entourage, malgré ses différences, quelqu’elles soient… Handicap, choix de vie etc…

Pour moi, cela est fondamental car du coup, je me rends compte que nous aurions beaucoup moins peur d’une situation hors-norme , un enfant hors-normes, un vie hors-normes si elle était acceptée. Car souvent nous vivons mal les choses hors-normes, juste à cause du regard de l’autre.
A bas les normes…

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